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«
Chien de cirque » ou chien plus heureux ?
« Jamais je n’apprendrai des tours à mon
chien, je respecte bien trop sa dignité, sa
liberté » … il n’y a pas pire
incompréhension, et déjà se profile à
l’horizon l’ombre du pauvre chien désœuvré,
mal positionné, qui promènera un regard
morne chez les vétérinaires consultés pour
ses divers troubles.
Le chien à qui on ne demande rien d’autre
que « vivre » est exactement dans la même
situation que l’employé « placardisé » dans
son entreprise. C’est la même « néantisation
» pour reprendre le terme à la mode.
Garantir la gamelle (ou le restaurant
d’entreprise), le cadre de vie (ou le
bureau) ne suffit pas, il manque les
interactions gratifiantes avec le groupe.
Comment, dans cette situation, savoir ce
qu’on attend de vous, comment en tirer
satisfaction, comment savoir quel est son
rôle ?
Ces choses « inutiles » qu’on apprend à un
chien en jouant répondent en fait à son
besoin de se sentir intégré au groupe.
Loin de se sentir rabaissé, le chien va y
trouver une valorisation indispensable à son
équilibre, et cela va vous confirmer dans
votre position de leader.
Notre chien domestique n’a plus à mobiliser
ses facultés pour trouver sa nourriture, et
sa survie n’est plus vraiment la résultante
de ses capacités d’attention ou de cohésion
dans la meute.
Nous lui fournissons le gîte et le couvert,
mais en échange, il est de notre
responsabilité de lui fournir les stimuli
intellectuels qui vont lui offrir autre
chose qu’une vie de légume ou de bibelot.
Bref, penser « mon chien a tout pour être
heureux, puisque je le nourris et qu’il a
tout le jardin pour se défouler », c’est
négliger une grande partie de ses besoins
fondamentaux. Les prisonniers aussi ont la
nourriture et la promenade, et pourtant…
Vous voulez que votre compagnon soit heureux
? Un seul moyen : consacrez lui de votre
temps, dans la bonne humeur, exercez sa
vigilance, et son esprit, que se soit
pour donner la patte, faire des roulades,
jouer ou apporter vos chaussons, et
félicitez le de sa coopération, bref, offrez
lui des moments de joie.
Joëlle Caverivière
     
"On ne fait jamais attention à ce qui a été
fait,
on ne voit que ce qui reste à faire."
Marie Curie

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