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Si vous souhaitez consulter vous-même le
texte complet (27 pages) du rapport
d'évaluation de la loi de 1999, vous le
trouverez sur le site du
club CFABAS,
club des terriers de type bull. C'est donc
le club de l'American Staffordshire Terrier.
 
Synthèse du rapport
Ce rapport parle "d'une contribution majeure
à la résorption du phénomène des chiens
dangereux."
C'est en 1996 qu'avait déjà été renforcé le
dispositif pénal, en assimilant à une arme
l'utilisation de l'animal pour tuer, blesser
ou menacer. Dans ce contexte, la loi de 99
s'est attachée à "organiser un équilibre
entre la liberté de détention d'un animal et
les impératifs de sécurité publique".
Le bilan rappelle quelles sont les
différentes obligations, interdictions et
sanctions de la loi.
Le vrai problème auquel on se heurte est
l'identification du type racial des chiens.
"Toutefois, la loi ne définit nullement ce
qu'il y a lieu d'entendre par "chien
d'attaque" d'une part, et par "chien de
garde et de défense" d'autre part. Cette
distinction ne trouve pas non plus d'appui
chez les acteurs de la filière canine, tant
au plan national auprès de la Société
Centrale Canine ( SCC) que sur le plan
international auprès des scientifiques.
Dès lors, cette distinction apparaît
purement d'opportunité et ne préjuge pas de
façon définitive et irréversible du
classement ou de l'absence de classement
dans telle ou telle catégorie des chiens sur
lesquels pèserait une présomption de
dangerosité."
La détention des documents :
"Il a été observé de façon générale, que
lors de la déclaration du chien en mairie,
les propriétaires de chiens dangereux
semblent éprouver des difficultés
importantes à présenter le certificat
d'assurance exigé par la loi. Cette
difficulté résulte pour l'essentiel de la
réticence de nombreuses compagnie
d'assurance à garantir la responsabilité
civile des propriétaires de chiens
dangereux, créant pour ces derniers une
impossibilité de mise en conformité avec la
réglementation, l'assurance étant
obligatoire pour la déclaration en mairie de
leur animal."
L'euthanasie et la stérilisation :
Il est dit que les associations de
protection animale tendent à proposer à
l'adoption des chiens stérilisés qui
présentent un caractère stable et docile.
Hors il n'y a d'amélioration du caractère
qu'en ce qui concerne la compétition entre
les mâles vis à vis des femelles.
Et l'éthique ?
"Parmi les fourrières qui se sont exprimées,
59 % signalent leur difficulté à euthanasier
des chiens non agressifs."
"Les fourrières déplorent également le
comportement fréquent de propriétaires
d'animaux qui abandonnent facilement leurs
chiens de 1ère ou 2ème catégorie à titre
compensatoire par rapport à une éventuelle
procédure judiciaire pour en reprendre très
rapidement un autre. "
L'évolution des chiens de race :
La promulgation de la loi n'a pas eu
d'influence négative sur le cheptel inscrit
au LOF. Augmentation de 185 % des
inscriptions de chiots American
Staffordshire terrier entre 1999 et 2004.
Le niveau de 2004 est le même que celui de
1999 pour le rottweiler (point culminant en
2001).
L'objectif de la loi de diriger vers les
chiens inscrits au LOF semble atteint.
Infractions constatées :
- Nette décrue du phénomène des chiens
dangereux.
- Nette décrue du nombre de policiers mordus
par des chiens dangereux.
- La gendarmerie nationale enregistre une
baisse des faits constatés en matière de
chiens dangereux.
- La moitié des infractions sont
enregistrées outre mer.
- Baisse constante des confiscations.
 
Les points plus négatifs :
Persistance de difficultés structurelles
:
Détournements de procédure :
Le maire ne peut pas vérifier les éventuels
antécédents judiciaires du déclarant.
Le déclarant peut ne pas être le
propriétaire réel (mineur ou détenteur d'un
casier judiciaire).
"Une autre forme importante de détournement
caractérisé de la loi réside dans la
réalisation de croisements de chiens."
"Cette pratique qui tend à se développer de
manière importante permet de disposer
d'animaux présentant de nombreuses
caractéristique des chiens dangereux,
tout en échappant aux contraintes qu'impose
la loi pour des animaux de 1ère et de
2ème catégories.
Les possibilités sont à cet égard sans
limites.
De plus, il est facile de dresser un chien à
l'attaque, quelle que soit sa race,
lorsque sa morphologie s'y prête."
Il y a ambiguïté entre propriétaire et
détenteur du chien. Des personnes avec
casier judiciaire feraient ainsi de
l'élevage sans détenir les animaux placés
chez des métayers.
Des contraventions sont encore fréquemment
dressées pour des chiens dangereux non
déclarés.
Classement des chiens lors de
l'identification :
Seuls les certificats de naissance
garantissent la race, et la carte de
tatouage ou de puce se met à jouer un rôle
qu'elle n'avait pas au début...
"Le dispositif comporte donc une
ambiguïté importante : elle résulte du
"glissement" du rôle de la carte
d'identification, simple document attestant
le marquage individuel, vers un rôle probant
en matière de race, rôle qu'elle n'a ni
vocation, ni capacité à remplir, ce qui
aboutit en pratique à un mauvais classement
des chiens."
Un chiot est identifié entre 6 et 8 semaines
en moyenne, alors que la détermination du
type racial ne peut se faire dans de bonnes
conditions que vers 6 mois.
Déterminer la race ou le type du chien est
fondamental dans le cadre de la loi de 99.
"La loi fonctionne comme si la détermination
de la race reposait sur un système
infaillible, ce qui est loin d'être le cas".
"Cette ambiguïté a aussi pour effet de tenir
en échec les contrôles de terrain,
permettant de la sorte à des propriétaires
de chiens de 1ère catégorie d'échapper aux
obligations y afférant."
Réticence des élus :
"Les maires semblent, de manière générale,
n'avoir fait qu'un usage modéré des nouveaux
pouvoirs conférés par la loi."
Tentatives d'explication :
- Le pouvoir de coercition peut se révéler
impopulaire.
- Manquement à leur obligation de créer une
fourrière.
- Manque de formation dans un domaine
technique et compliqué.
D'autre part les refuges sont souvent
victime de confusion avec la fourrière, et
donc mis à contribution sans remplir leur
mission première d'assistance aux animaux.
Les fourrières :
Les fourrières sont placées en situation de
débordement suite à des abandons et à des
saisies de chiens dangereux.
Ce manque de place se conjugue avec le
manque de sécurité du personnel, à cause de
chiens réellement dangereux et à cause de la
dangerosité des propriétaires.
Le vandalisme et le vol de chiens sont en
recrudescence.
Les structures sont souvent inadaptées à des
animaux puissants ou ne supportant pas leurs
congénères.
Les délais de garde, souvent à cause des
délais de la justice, sont trop élevés pour
les fourrières.
Les animaux sont victimes de ces longs
séjours, et la trésorerie des structures
est déséquilibrée par leur présence, avec de
fréquents non remboursements de leurs frais.
Coordination :
Il y a beaucoup d'intervenants avec des
champs spécifiques d'intervention, et il
manque une dynamique transversale pour que
les actions soient réellement cohérentes.
L'application de la loi sur le terrain est
difficile et complexe, et repose surtout sur
les policiers et les gendarmes, qui se
heurtent à des problèmes malgré des
formations.
De nombreuses confusions ont lieu, par
exemple entre identification (tatouage ou
puce) et détermination raciale, entre les
types et les croisements, entre le rôle des
refuges et fourrières.
Une réponse législative aux difficultés
structurelles rencontrées :
"L'ensemble de ces mesures est susceptible
d'être complété par les propositions du
groupe de travail que le gouvernement a mis
en place à la suite des dramatiques
accidents survenus ces derniers mois. Ce
groupe de travail, où siègent des
représentants des associations et es
professionnels concernés, a été chargé de
faire des propositions, notamment sur la
possibilité d'inciter les détenteurs de
chien à faire procéder volontairement à
l'évaluation comportementale de leur
animal."
Ce rapport date de décembre 2006, et de
nouvelles mesures sont effectivement
rentrées en vigueur en février 2007. Le
pouvoir des maires a été renforcé et la
présomption de dangerosité a été accrue pour
les chiens catégorisés. L'euthanasie de
l'animal peut intervenir plus rapidement en
cas de non déclaration et les sanctions
applicables sont renforcées sur le plan
pénal.
Conclusion :
La loi est sensée conjuguer prévention et
répression, et avoir, au bout de 5 ans fait
passer la situation de crise, mis à part
l'épisode du printemps 2006.
"Et la question des chiens dangereux a
globalement perdu de son acuité et de sa
sensibilité sociale."
??? Pourtant, une peur des chiens et il
s'est généralisé de faire une estimation des
risques en se basant sur le physique des
chiens et non sur l'observation de leur
comportement !
Sur la question de la protection animale, si
le rapport déplore des abandons de molosses,
ils sont sensés avoir été provisoires et ne
plus se reproduire.
"Les propriétaires qui ont pour leur part
choisi de conserver leur chien susceptible
d'être dangereux semblent en général
respecter les prescriptions en termes
d'usage de la laisse et de la muselière."
C'est absolument tout ce qui est mentionné
concernant les personnes n'utilisant pas
leur chien comme arme, sans aucune
mention des conséquences négatives de la loi
sur les propriétaires ou les chiens,
qu'ils soient catégorisés ou seulement de
type molossoïde mais non concernés par la
loi !!!
Le problème des morsures de chiens est
réduit à celui de la délinquance, sans
absolument se préoccuper des morsures
accidentelles possibles par toutes les races
canines.
L'évolution, souhaitée dans le texte de ce
bilan, ne concerne que le renforcement de la
loi au lieu d'apporter des modifications à
la base.
Pourtant, il est bien noté :
"En l'état actuel, la loi et les dispositifs
réglementaires d'application ne permettent
pas une délimitation satisfaisante du champ
des chiens susceptibles d'être dangereux,
soit parce qu'elle est floue (absence de
définition), soit parce qu'elle est
contestée (critère exclusif de race), soit
encore parce qu'elle est réductrice (absence
de prise en compte des chiens effectivement
dangereux et énumération limitée des races
"classées")."
Françoise Bivel.
     
"Quand on ne veut pas se mouiller, qu'on
s'arrange au moins pour ne pas éclabousser
les autres."
Stanisław Jerzy Lec
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