|
Le traîneau à chiens
III-
Comment récompenser.
 
Dotchka avait deux énormes
défauts au départ, elle coupait tous les
virages à la corde, et lorsqu'elle ne
comprenait pas un ordre, elle ne savait
faire plus qu'une seule chose : un demi-tour
à gauche. Même un "non" ne servait qu'à
accélérer son demi-tour, et bien sûr les
noeuds qui vont avec !
En ce qui concerne les
virages, si vous imaginez un traîneau
lourdement chargé et un virage en épingle à
cheveux, vous imaginerez facilement le
traîneau coincé derrière un arbre et les
chiens aboyant d'impatience juste au-dessus
de votre tête. Allez leur expliquer que si
vous faites avancer les cents kilos de
quelques centimètres, et qu'ils s'empressent
de retendre la ligne de trait, vous n'y
arriverez jamais !
Pour revenir à Dotchka et
pour couronner le tout, elle s'aplatissait
dans la neige dès que j'allais vers elle. Ce
qu'elle faisait parfaitement depuis le début
était de bien tendre la ligne de trait même
à l'arrêt, et d'avancer.
La rééducation a l'avantage de bien mettre
en valeur ce qui est important dans
éducation. Donc mon premier travail, bien
fatigant, a été de fréquemment m'arrêter
pour aller la caresser et la féliciter. Il
est vrai qu'un long attelage et la grosse
neige amènent souvent à n'aller voir les
chiens qu'en cas de problèmes.
J'ai donc constaté, par rapport à d'autres
dressages, qu'il est très difficile de
récompenser. D'autre part, on est plus tenté
de punir, parce qu'on est bien obligé
d'aller résoudre le problème quand il y s'en
présente un. Ce qui est largement utilisé à
l'attelage, c'est le renforcement secondaire
(la voix) différant ou remplaçant le
renforcement primaire (la caresse car la
nourriture n'est pas utilisée à l'attelage).
Les chiens peuvent également bénéficier
d'une récompense directe qu'ils adorent,
c'est d'avancer ! Il n'y a qu'à voir leur
impatience au départ !

Françoise Bivel
|