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Éviter les pièges des fiches de race.

Ils sont tout à fait contournables !

Ce serait dommage de passer à côté du chien qu’il vous faut à cause de réputations non fondées d’un côté, et de descriptions trop élogieuses de l’autre.

Une fiche de race, si elle est bien écrite et juste, est là pour vous aider à déterminer si ce chien peut être heureux, non seulement dans l’environnement que vous proposez, mais aussi avec vos attentes relationnelles. Un exemple typique est le souhait d’un chien plus ou moins proche ou indépendant.

Le rédacteur ne vous connaît pas, prévoit-il votre situation ?

La fiche décrit-elle des caractéristiques génétiquement transmises dans la race, ou un comportement acquis ?

Si c’est l’éducation qui compte, peut-on alors passer outre les conseils selon la race ? Sûrement pas, une description sert à s’adapter, ou à se diriger vers une autre race s’il le faut. Encore faut-il pouvoir prendre une décision sur des critères fondés.

Premier piège à éviter : Une fiche n’est pas toujours juste, et ne prévoit ni tous les maîtres, ni toutes les relations.
Deuxième piège : Certaines idées reçues, même sur le physique, peuvent aussi cacher une super race pour vous.
Troisième piège : Un chien est avant tout un chien, peu importe sa race, son comportement est en partie obtenu par ses acquis.

Et enfin, il ne faut pas oublier que les qualités des chiens (comme des gens) sont souvent issues de leurs défauts et vice versa. Donc c’est comme une pièce, tournez la pour voir l’autre côté, et s’il est vide, c’est que c’est une fausse !

Les descriptions de caractère et comportement peuvent ainsi être à la source même de certains problèmes.

Si la précision et la finesse des portraits progressent par rapport à certains vieux livres, une description juste reste à bien lire : Il ne faut pas prendre pour argent comptant que notre chien sera tel qu’il est décrit, sans l’éducation adéquate, et il ne faut pas laisser une situation s’installer en disant que "c’est la race qui est comme çà".

Que faut-il donc croire, à part la description physique ? Il y a des caractéristiques presque incontournables pour chaque race, à interpréter dans votre contexte de vie.

Dans une relation, une moitié vient du chien, l’autre de vous !

De nombreux portraits décrivent un chien merveilleux, parce que celui qui écrit le trouve merveilleux, ou s’est renseigné auprès de ses amateurs, qui font en général partie des gens qui ne sont pas dérangés par les inconvénients de cette race ! Mais un chien qui s’épanoui dans un certain cadre, deviendra infernal, ou résigné, le pauvre, dans d’autres situations…

Il est clair qu’une recherche de chien est aussi une bonne occasion pour mieux se connaître, soi-même, et les membres de la famille. Vous devrez en discuter et aussi identifier les besoins de la race choisie. Plus que des besoins physiques, il s’agit de leurs besoins relationnels. Pas la peine de faire votre recherche avec comme seuls critères le nombre de M² de balcon ou le nombre de Kms parcourus par jour. En effet, un chien stressé par son mode de vie ou non n’aura pas du tout les mêmes besoins.

L’exemple typique est le chien de traîneau, qui a plus besoin d’une vie de groupe que d’exercice (certains chiens de chasse en ont plus besoins qu’eux !), en meute ou bien avec vous au bureau (si !). Et comme nous, c’est le stress qui leur donne envie de se défouler...

Même les apparences physiques sont trompeuses.

Le physique parait plus facile à décrire que le caractère. Et pourtant là aussi gare aux apparences !

Le chien nordique à fourrure craint moins le chaud qu’un molosse à poil court, la longueur du nez faisant la différence. Tout est une question de point de vue, un chien ne transpire pas, il tire la langue. Un chien Sibérien ne vient pas d’un pays froid (12 mois d’hiver, vraiment ?) mais d’un pays continental à grandes variations de température, le rendant adapté aux extrêmes. Le chien de Canaan, originaire d’Israël a aussi de la fourrure, d’ailleurs il gèle la nuit dans le désert…

Et les photos ?

Le problème des portraits, c’est aussi de choisir les plus belles photos, et on ne montre pas un chien en mue, c’est moins beau !

Question poil, une dame avait choisi un pinscher nain entre autre parce qu’il avait peu de poil, et elle me disait qu’il en mettait de partout, et qu’en plus ils étaient difficiles à retirer des tissus, ce qui est une caractéristique des poils ras.

Les fourrures à sous-poil font eux des moutons qui partent plus facilement.

Les chiens qui ne perdent pas de poil nécessitent par contre un toilettage, personne n’est parfait.

On peut aussi parler des plis de peau de certaines races, et de détails morphologiques ayant une influence sur la santé du chien. Ces excès devront être réfrénés comme l’indique la loi du 8 juillet 2003 (convention européenne de protection des animaux de compagnie). C’est en partie votre choix esthétique dans l’achat de votre chiot qui orientera l’élevage. Pensez à l’envers du décor lors de vos recherches et lectures pour choisir une race.

Un chien est avant tout un chien.

Le comportement d’un chien imbrique l’inné et l’acquis. Certaines descriptions, données pour une race, correspondent en fait plus à un avis personnel sur une relation établie avec un chien en particulier. Il y a donc aussi des confusions qui sont faites entre ce qui vient du chien et ce qui vient du dressage qu’il peut recevoir.

L’exemple typique est le labrador qui reçoit plusieurs mois de dressage pour devenir chien guide (et il y a un bon pourcentage de réforme). Ensuite, un chien guide… guide, donc il est rarement seul et il est récompensé pour se rendre utile. Il y a de quoi expliquer les dégâts à la maison de labradors détestant la solitude !

Ne prenez donc pas le comportement d’un chien dans certaines circonstances pour une garantie dans tous les cas. Tout le monde n’a pas la même attente relationnelle envers son chien, et les chiens présentent eux aussi des différences de ce côté ! Façonné par son milieu et son éducation, n’oublions pas pour autant l’hérédité d’un chien bien sûr.

On peut aussi créer un comportement en croyant à ce comportement. En fait, la description d’une race indique quels sont les efforts à faire pour minimiser voir effacer cette tendance. Votre choix sera donc issu de votre réflexion sur ce que vous êtes prêts ou non à faire, en fonction de votre caractère et du temps dont vous disposez.

Un exemple typique est le chow-chow, et heureusement çà change. Le cas du chow-chow a ceci de particulier que certains de ses amateurs étaient tellement persuadés et fiers de ses défauts qu’ils en arrivaient à les encourager chez leur chien. Si vous n’êtes pas fier de ses défauts, vous pouvez les minimiser, à condition de le vouloir et de savoir si c’est possible (un chien restera un chien…).

Si vous voulez que votre chow-chow n’aime que vous au point de se laisser mourir en votre absence, qu’il régisse la maison et n’en fasse qu’à sa tête, eh bien libre à vous ! Mais c’est ce que vous aurez voulu, ne dites pas que c’est le chow-chow ! Vous avez aussi le choix d’acheter un chow sociable et de faire son éducation avec des conseils adaptés.

N’oubliez jamais que tous les chiens sont des chiens, et qu’il existe un seul comportement social. Les chiens ont tous le « défaut » d’être des carnivores et donc des prédateurs, d’avoir un comportement sexuel, d’avoir certains rituels de rencontre et de communication etc...
Il y a bien sûr des différences de caractère d’une race à l’autre, avec une part d’hérédité due à des millénaires de sélection. Il y a certes plus de variations possibles dans le physique, mais il y a aussi une certaine palette de nuances dans les comportements.

Qualités et défauts sont les revers l’un de l’autre.

Qualités et défauts sont des caractéristiques subjectives et il faudra donc chercher quels sont les points sur lesquels il peut réellement y avoir une différence entre les races. C’est ce que vous devrez chercher dans les fiches de race.

Mais ne cherchez pas le chien idéal, ou revoyez votre définition de l’idéal. Si c’est le chien qui vous est adapté, alors cherchez votre idéal, celui dont les défauts ne vous pèseront pas, et dont vous êtes à même de faire briller les qualités.

Réfléchissez aussi de savoir pour quel chien vous êtes idéal, pour qu’il puisse se faire à vos inévitables défauts ! Par exemple il vaut mieux réfléchir avant de prendre un molosse à tendance super glue si vous aimez les caractères autonomes comme les chats.

Par contre, ne cherchez pas le chien caméléon qui sera à la fois (et sans dressage !?) votre super gardien mais qui ne mord pas (sauf ceux qui "sentent" le voleur), qui ne souffre pas de rester tout seul mais qui est toujours à vos basques quand vous êtes là, bref, ne cherchez pas dans un chien tout et son contraire.

La plupart des qualités d’un chien sont directement issues de certains de leurs défauts ! Quand les lecteurs des portraits sauront apprécier un défaut en sachant estimer ses avantages, alors les rédacteurs oseront se montrer plus directs dans leurs propos, au lieu d’écrire des euphémismes pour être sincères sans être dissuasifs.

Voyons plus loin que le bout de nos truffes, nos amis ne sont-ils pas ceux qui restent même quand ils nous connaissent bien ? Et le chien est le meilleur ami de l'homme. Si l'homme est le meilleur ami du chien, nous verrons qui restera en les connaissant mieux !

Françoise Bivel