Son caractère, son comportement, et ses
origines :
Il est impossible de différencier les paragraphes pour cette race. Le groenlandais est un chien vraiment fabuleux et de caractère très spécifique.
Ce que dit son standard, sur son caractère :
"Les traits de caractère prédominants du chien du Groenland sont l’énergie, la ténacité et le courage. C’est un chien de traîneau passionné et infatigable. Il est amical envers les êtres humains, même envers les étrangers ; quand il est employé comme chien de traîneau, il n’est pas attaché à une personne déterminée, raison pour laquelle il n’a pas les qualités requises pour fonctionner comme chien de garde. Son instinct de chasse est très développé envers le phoque et l’ours blanc."
Mon avis personnel
!
Il n’est pas gardien
certes, mais pour toute autre raison à mon
avis, et il s’attache très bien à une personne déterminée, bien qu’il ne soit pas exclusif, et son instinct de chasseur se fiche de l’espèce, puisqu’il ne dédaigne pas les poules inconnues de ses ancêtres !
Compagnon de vie d'un peuple qui a vécu dans un environnement difficile (nous le qualifierions d'hostile, mais
pour eux c'était la norme), sa sélection naturelle a été profondément marquée par ce partenariat.
Quand l'environnement se charge de s'imposer
sur tout le monde, l'union fait la force.
 
Tout d'abord, l'hospitalité inuit est légendaire car indispensable à la survie et il n'a jamais été question de garder quoi que ce soit. Ce grand chien impressionnant n'est pas du tout un gardien, et il est parfaitement amical envers l’homme. Toute dérive de caractère doit être réprimée par la sélection. Une mauvaise socialisation et la peur éprouvée en conséquence peuvent aussi amener à un comportement exceptionnel de garde, mais plutôt à la fuite.
Donc ce n'est pas un chien de garde en
effet.
 Ensuite, c'est un chien fait pour la
vie collective. Il faut aussi très bien comprendre ce qu’est la notion de groupe chez les chiens, tout ceux qui ont voulu faire passer leurs croyances en premier ont eu des déboires.
 C'est un chien qui est facilement perturbé par un changement dans sa meute et par un nouvel arrivant autre qu'un chiot. Vis-à-vis des chiens inconnus, son comportement variera de l'indifférence, c'est-à-dire comme s'il ne voyait pas les autres chiens, à la menace plus ou moins rapidement suivie d'agression,
en passant par un contact amical, surtout
s'il n'est pas chez lui.   
Tout va dépendre de son éducation petit. S'il ne vit qu'avec des chiens connus, il ne pourra plus s'habituer facilement à une nouvelle présence canine. Je pense qu'il doit idéalement connaître des inconnus
(chiens et humains) avant l'age de 2 mois, pour l'adapter à la vie de chez nous.
Donc il n'est pas question de le faire vivre en chien seul.
Il faut aussi laisser vos chiens établir leur hiérarchie entre eux sans la perturber, et que l'un d'eux soit le chef de la meute (il y en a bien un parmi les chiens, et vous, vous n'êtes pas toujours là !), ce qui veut dire que ce ne sera pas vous
le chef de meute, car avec vous, ce sera "autre chose"…
  
C'est aussi un chien qui utilise très facilement la palette de codes de communication de son espèce, le chien, à condition qu'il l'ait apprise avec ses congénères bien sûr. Sans prendre l'homme pour un chien, il utilisera aussi le seul langage qu'il connaît, et avec un certain talent ! Bien que non aboyeur, il se sert beaucoup de vocalises, de mouvements du corps, oreilles, yeux, grimaces, queue…
C'est aussi souvent un spécialiste de la position de soumission sur le dos à la moindre réprimande ou dès que vous réagissez à une "bêtise", pour continuer ce qu'il faisait dès que vous avez cessé de « l'engueuler ». Cette défense astucieuse pour n'en faire qu'à sa tête peut aller jusqu'aux piaulements aigus à vous mettre la honte en public, alors que vous n'avez jamais tapé votre chien !
 Il est totalement inefficace avec ces chiens de vouloir utiliser la force.
Il ne faut donc pas vraiment les « dominer » mais utiliser leurs codes et une certaine force intérieure, pour être
un guide de confiance.
 
Son
comportement attelé est très différent de son comportement libre. Il ne faut pas croire qu'il a physiquement besoin d'être attelé et de tirer, c'est une légende qui a la vie dure. D’ailleurs la plupart des propriétaires de nordiques de traîneau savent qu’aucun de leurs chiens n’aime
vraiment être attelé seul, d’où le développement d’autres races pour
la pratique de la pulka.
Le goût que les chiens de traîneau satisfont à l'attelage est celui de la coopération en groupe, et j'ai l'impression que
beaucoup de pratiquants de ce sport n'ont pas compris cette caractéristique fondamentale, qui ne peut
pas s'épanouir correctement en compétition, sauf au sacrifice du chrono…
Il est impossible de participer soi-même au
sentiment d'unité de son attelage en ayant en tête quelque chose d'incompréhensible pour ses chiens, et ceci avec des chiens eskimo plus qu'avec toute autre race. Ce qui se passe à l'attelage est une véritable symbiose avec une télépathie, donc une communication intime et intense qui passe par
le langage intérieur de l'intention.
 Il a fallu croiser les races nordiques avec des chiens de chasse ou de berger, qui sont beaucoup plus prêts à se donner à fond à la demande de l'homme, pour obtenir de vrais chiens de compétition, surtout pour le sprint.
L’utilisation principale des chiens attelés était en effet
à l'origine souvent de se déplacer à la recherche du gibier.
Donc un nordique ne se donne pas à fond !
Pour citer des chiffres approximatifs, des chiens nordiques se donneront à 50% de leurs capacités, alors que des chiens de chasse atteindront les 90%. L'explication est très
très simple : un nordique garde de la réserve « au cas où » !
Une anecdote ?
Des mushers français en expédition avançaient péniblement avec leurs attelages chargés, marchant pour soulager leurs chiens montrant des signes d'abattement, dus surtout à l'ennui sur une grande étendue plate.
Survint alors un troupeau de rennes !
La suite fut 5 km de course au galop, les deux pieds sur les freins cette fois-ci, avant de pouvoir arrêter les attelages de ces grands "fatigués" ayant repris du poil de bête !
Il faut également avoir senti le frémissement palpable qui saisi tous ensemble les chiens d'un attelage ayant repéré un animal ! Voilà ce qu'est une meute, ce n'est pas un groupe de chiens, qu'il vaudrait mieux appeler un clan, mais un groupe de chasseurs !
La plus extraordinaire
des sensations, reste, j'ignore pourquoi,
celle provoquée par la présence de
l'aigle...  
Le groenlandais peut être considéré comme LE chien de traîneau par excellence.
C'est certainement le plus obéissant des "chiens de traîneau", suivi de près par le samoyède. Sa réponse au rappel peut être fabuleuse, et j'ai déjà vu en course, au milieu de dizaines de chiens attachés, quelques groenlandais libres autour de leur véhicule, en montant ou descendant, mais jamais ne s'approchant des autres chiens ni n'allant faire un tour ! C'est là sa différence avec le samoyède, qui lui va immédiatement voir tous les chiens de façon irrésistible. Dans tous les cas, le rappel reste un dressage, ce qui dépend donc de vous.
C'est un chien que vous pouvez facilement lâcher sans laisse.
Tenez aussi compte que c'est un chasseur,
quand même... Certes, tout carnivore est un chasseur, mais il y a des différences d'une race à l'autre, et ce qui caractérise le groenlandais n'est bien sûr pas la position d'arrêt ni le rapport, c'est la consommation
immédiate !
 Il identifie tout de suite un animal comme une source de nourriture, et il se mettra immédiatement à table avec toute poule attrapée. Il est totalement inutile de le priver de viande sous prétexte de ne pas lui en donner le goût, et il est même conseillé pour sa santé de le nourrir avec un maximum de carcasses crues de volaille. Il peut s'habituer à
vivre avec des animaux chez lui, j'ai même connu le cas de groenlandais cohabitant avec… des moutons, mais gare aux moutons qui n'étaient pas leurs moutons ! Pour revenir à ses origines, ces chiens mangeaient après les chasses, et pas forcément tous les jours, comme les loups d'ailleurs, d'où la capacité de dilatation de l'estomac de nos chiens, capables de ressembler après un repas à une chienne prête à mettre bas !
Pensez toujours que l'eskimo est un goinfre toujours prêt à engouffrer ce qui se mange passant à sa portée !
 
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